Le Bureau


Marion RIBEYRE, Présidente

 

Orthophoniste exerçant en libéral, dont l'expérience personnelle et professionnelle a renforcé l'attachement à la liberté, à la coopération et à l'humain. À la fois actrice à plein temps du système de santé, témoin direct dès l'enfance (le soin, c'est de famille...) puis témoin professionnellement impliquée (exercice de groupe, notamment en maison médicale) de mutations qui ont malmené ce même système, au gré de décisions arbitraires et de négligences aberrantes, j'ai décidé d'agir et de m'engager. Parce que la force vient de l'union des idées, et qu'elle est efficace si elles sont portées par ceux qui agissent sur le terrain, j'ai posé avec quelques autres les pierres d'un collectif, ORA, tout en faisant front avec d'autres soignants engagés, notamment à l'UFML. Je tire ma force de la construction conjointe de projets, de la solidarité qui rend libre, de l'entraide qui permet l'autonomie, mais aussi de mon quotidien avec les patients et du recul que me permet la vie que j'ai construite. Je crois à l'intelligence de terrain, à l'audace de projets pragmatiques sans langue de bois. Je souhaite contribuer à développer ce laboratoire d'idées qu'est ORA depuis le début,  pour que puissent voir le jour des projets élaborés et portés par et pour des soignants, dans l'intérêt de leurs patients comme d'eux-mêmes, afin qu'ils puissent soigner correctement tout en s'épanouissant dans leur métier. C'est de là que peut venir la cohérence d'une nouvelle donne dans notre profession, dont je sens monter la nécessité depuis mes débuts en 2003 et que j'accompagne depuis la Haute-Loire avec énergie.

Natacha LABBE, Secrétaire Générale

 

Orthophoniste diplômée en 2009 et animée d'une profonde envie de changer le système de l'intérieur. J'ai expérimenté toutes les facettes de l'exercice libéral, du manque de patients au partage de bureau, des milieux défavorisés aux classes aisées. Je sais ce que c'est que d'être contraint de changer de cabinet, de racheter une patientèle, mais aussi que de travailler en individualisant chaque suivi, en collaborant avec les partenaires, en me formant sans cesse, et ça, c'est génial. Me former sans cesse, aujourd'hui ? Vous n'y pensez pas. Du matériel suffisant et renouvelé en fonction des besoins ? Vous rêvez. Je suis salariée de la fonction publique hospitalière, et je suis censée m'occuper de 80 situations différentes, dans des conditions plus qu'aberrantes. Pour un traitement plus avantageux que les irrégularités et l'insécurité sociale du libéral ? Que nenni, pour 1250€ nets environ. A ce stade, j'ai le choix entre la reconversion et me battre pour une reconnaissance réelle de notre métier, pour arrêter d'être écœurée parce qu'on s'occupe de la santé des gens avec des moyens indécents, indigents. Nous sommes pros de santé, nous sommes experts en communication, alors en avant les idées neuves.

Lise Alary, Trésorière

 

Après 9 ans d'exercice en libéral sur la planète Mars (celle des Bouches-du-Rhône) je reviens aux sources en Loire-Atlantique. Travailler en zone paupérisée, au contact d'une population défavorisée fait comprendre les disparités qui existent en terme de soins, même en France, et oblige également à se serrer les coudes entre professionnels de santé. C'est dans cette optique que je conçois l'orthophonie : un soin apporté à des personnes fragilisées par leurs différences (handicap, trouble du langage) et auxquelles on apporte une aide sans condition de ressource.

ORA est une aventure humaine qui répond à mon besoin d'engagement pour que les patients puissent être pris en considération individuellement et pour que nous, soignants, nous puissions garder notre liberté d'exercer dans les meilleures conditions.

ORA, est un espace de réflexion collectif, avec cette volonté de réfléchir et d'apporter de la matière pour pouvoir ensuite agir, plus librement, en conscience.
Je pense que nous gagnons à échanger avec les autres professionnels de santé et à créer des passerelles. J'intègre d'ailleurs dès la rentrée une Maison de Santé dans cette optique de soins coordonnés...
Voilà pourquoi j'ai décidé d'intégrer l'équipe et que j'encourage tout petit poisson ortho (ou non) à nous rejoindre...


Le Conseil d'Administration


Françoise DUCROCQ

 

Orthophoniste depuis 1978 et Françoise Lortho sur les réseaux sociaux. J'ai expérimenté plusieurs modes d'exercice (salariée pendant 10 ans auprès d'enfants handicapés moteurs puis en libéral depuis 1989) et m'investis dans de nombreux combats. J'ai notamment co-administré avec dynamisme et esprit d'équipe le groupe « Up Union Santé », créé en janvier 2015 et destiné à réunir tous les paramédicaux en lutte contre la loi santé. Les dénominateurs communs à toutes ces activités professionnelles ? La passion du soin, le souhait de la reconnaissance du savoir-faire de l'orthophoniste et du rôle des soignants, qui doivent s'unir, avec les patients, pour être valorisés à leur juste valeur, au détriment de la technocratie ambiante. C'est le sens de mon combat, dans la lignée de celui de "Up!", celui d'une orthophoniste qui souhaite défendre une profession qui croule sous les contraintes et les charges administratives, au détriment de la qualité des soins et de la dimension humaine du métier. Penser notre métier avec les autres professionnels de santé, en menant des actions en quête de qualité du soin, en recherche de conditions correctes de travail sous peine d'implosion, c'est militer dans la cohérence. Unis, nous serons plus forts, et nos revendications (réaffirmation de nos compétences de soin, réforme de la NGAP, missions de l'orthophoniste salarié, indépendance par rapport aux assureurs, etc...) n'en auront que plus de sens.

Christian BELLONE

 

Je suis une minorité visible : un homme dans un métier de femmes… diplômé de l’Ecole de Nice en 1979, j’exerce depuis cette date avec bonheur. Ma formation m’a conduit à rejeter les approches classiques pour me diriger vers une dimension beaucoup plus relationnelle, ce qui me vaut une réputation de pratique trop « psy »… J’ai complété mon CCO (bac+3, à l’époque !) par la technique des associations de Chassagny puis un D.U. de psychopathologie des processus cognitifs et un D.U. de neuropsychologie. Passionné de littérature, je suis également animateur d’ateliers d’écriture dans la lignée d’Elisabeth Bing. Enfin, j’enseigne les techniques de rééducation du langage écrit depuis 1992 dans l’Ecole qui m’a formé et c’est un immense plaisir que de transmettre aux jeunes générations un peu de ce que j’ai recueilli au fil des ans !

Ariane EHRLICH

 

Ni formatrice, ni enseignante, ni spécialisée, depuis sept ans, je suis une simple orthophoniste. Ce qui n'est pas simple ! Pour complexifier un peu, je suis logopède de formation et je suis passée de bouchons en bouchons, de Liège à Lyon. J’ai expérimenté le libéral puis le mixte et je suis désormais exclusivement bénévole, euh… salariée dans le secteur médico-social (vous savez, celui oublié dans les revendications habituelles), en CAMSP et en IME. J’ai parfois l’impression d’avoir rendu, avec le libéral, mon tablier de comptable, de femme de ménage, d’huissier de justice, de gardienne d'enfants, de psy, de secrétaire, d’informaticienne...

Hypertonique, logorrhéique et bredouilleuse, je souhaite être active dans ce qui est en train de se jouer sous nos yeux. Passionnée par mon métier, j'aimerais qu'il soit reconnu et pouvoir l'exercer dans de bonnes conditions, favoriser l’ouverture de nos pratiques et les liens entre les professionnels. Je crois à une médecine égalitaire pour tous et souhaite défendre notre système de santé, en veillant à ce que les orthophonistes soient entendus dans ces réflexions de santé publique.

 Dominique PIERI MICHELOSI

 

Dopi Mido sur les réseaux sociaux, je suis une orthophoniste de l’an 2000. Autant dire que l’avenir s’annonçait encore radieux à l’aube du nouveau millénaire. J’ai embrassé cette profession par passion, heureuse de trouver enfin un cadre à mes centres d’intérêts multiples et à mon souhait d’avoir un métier chargé de sens. Je me suis expatriée, je suis revenue, je suis repartie et j’ai ouvert ainsi ma réflexion à des pratiques et des conceptions différentes de l’orthophonie. J’ai vu qu’en dehors des dogmes établis et transmis en France, il existait bien d’autres réalités, bien d’autres façons de concevoir l’orthophonie, dont nous pourrions nous inspirer ou dont nous devrions nous méfier… Mon exercice a toujours été libéral, avec quelques années en mixte. J’ai fui l’hôpital public à une époque où on ne parlait pas encore des conditions maltraitantes qui y prévalent, aussi bien dans l’exercice que dans la reconnaissance de nos fonctions. J’exerce dans une très grande ville, et je suis confrontée aux difficultés grandissantes que nous connaissons tous : difficulté d’accès aux soins et réformes aberrantes, pressions administratives, financières et morales…

 J’ai trouvé en rejoignant ORA un espace où enfin il était possible d’aborder tous les sujets, d’émettre tous les avis et surtout de réfléchir, de proposer et d’agir. Quelle formidable bouffée d’air et quel espoir enfin ! Notre métier est indispensable et utile à la société, les orthophonistes sont des professionnels d’une grande expertise. Et pourtant jamais nous n’avons été autant en danger : toutes les instances, toutes les tutelles bafouent nos compétences et piétinent nos droits. Cela m’est insupportable et j’ai besoin de défendre notre profession : double PEC, réforme des retraites, exercice au quotidien, respect des droits du patient et de l’orthophoniste, amélioration des pratiques et de la formation, bien-être au travail et burn-out… La liste est longue et ne doit pas faire oublier que c’est l’entièreté de notre système de santé qui subit des assauts mortifères. ORA m’a permis de donner une forme à un engagement qui manquait à ma vie d’orthophoniste, d’être active face à toutes ces problématiques. Fouineuse, obstinée et attachée à la probité, j’exècre la doctrine, surtout lorsqu’elle ne sert pas les intérêts généraux, quel que soit le domaine. J’aime donc tout particulièrement vérifier les informations et les confronter aux injonctions que nous recevons. Je ne peux plus être simple spectatrice du naufrage majeur auquel nous assistons, alors j’écope et je veux croire qu’à plusieurs, même à la petite cuiller, on peut réussir à vider les cales et rester à flot, voire voguer à nouveau le vent en poupe.

 


Les anciens...


Clotilde MANDINE

 

Orthophoniste depuis 2009 et œuvrant depuis longtemps à son échelle pour des causes sociales lui tenant à cœur, elle s'était engagée dès sa première année d'études dans la défense de notre profession contre les PLFSS de 2006 et 2007, prémices de la loi Santé actuelle. Les années suivantes ont donc été ponctuées de manifestations et d'actions pour défendre la liberté d'installation, dénoncer la pénurie de maîtres de stage et leur absence de rémunération entre autres. Puis par la suite elle a pris part au combat pour l'obtention du grade Master notamment via le groupe Et ça... L'association ORA était pour elle un moyen d’œuvrer collectivement pour la sauvegarde de notre profession. Et plus globalement aux cotés des autres professions de santé, pour l'émergence d'un système de santé éthique qui ne soit plus guidé par la primauté de l'intérêt économique mais par le respect et le bien-être des patients et des soignants.

Installée en libéral à la Réunion depuis 2011, elle nous a tragiquement quittés en mars 2018 laissant un vide immense dans l'équipe. 

Magali HUET

 

Orthophoniste depuis 1999, j’ai tout d’abord expérimenté l’exercice libéral, son lot de (mauvaises) surprises administratives et économiques et de (merveilleuses) surprises humaines. J’ai également compris l’incompatibilité relative entre la gestion d’un cabinet, et de la micro-entreprise qu’est une famille nombreuse. C’est donc assez naturellement que je me suis tournée vers le confort apparent du salariat, en ITEP puis en IME, acronymes effrayants qui cachent des enfants et des jeunes en situation de particulière difficulté et de touchante fragilité. Le médico-social est devenu autant une vocation qu’une bataille. Bataille contre les décideurs, qui affectent une misérable partie des budgets au soin, qui décident que chacun n’aura pas droit à la prise en charge dont il a besoin, mais qu’il devra attendre son tour, parce que « l’ortho n’a pas le temps de recevoir tout le monde ». Bataille contre les injonctions paradoxales, les demandes de bilan étalonné lorsqu’aucun matériel d’évaluation n’est disponible, les demandes d’accompagnement spécifique avec un budget de fonctionnement réduit à la portion congrue. Bataille pour les patients, pour que leurs besoins soient couverts et leurs droits au soin respectés. Bataille enfin, pour la reconnaissance d’une profession que j’ai embrassée avec passion et enthousiasme, et que je tremble de voir perdre son âme dans une course effrénée à la rentabilité du système de santé. 

Aujourd’hui l’heure est à l’action. Auprès de mes patients, dans la défense de leurs intérêts. Auprès de mes confrères, dans la défense de ma profession. 

Louise ROBACZYNSKI


Orthophoniste depuis 2011 et étudiante depuis son BAC, preuve vivante que les limites du système peuvent amener une professionnelle de terrain à se sentir tout à la fois extraterrestre parmi les universitaires et chercheuse en herbe débordée parmi les cliniciens. Amoureuse de la pratique quel que soit son mode (exercice mixte depuis 2016), et surtout des foisonnements d'idées pour se permettre toutes les modalités nouvelles tant qu'elles sont efficaces et respectueuses, j'ai une grande soif de justice et pas mal d'énergie à mettre au service des patients et des pros de santé. J'ai choisi le combat de la prise en charge la plus réfléchie sur le plan scientifique et sur le plan de la santé publique, avec une logique de défense des patients avec handicap invisible, et de défense des conditions du travail trop souvent dans l'ombre des orthophonistes. J'ai survécu aux erreurs de traitement de dossier de l'URSSAF, aux pertes de feuilles de soins papier par les caisses pendant le congé maternité sous-payé des femmes paramédicales en libéral, quitté le SMIC de la Fonction Publique Hospitalière, dû choisir (mais ce n'est que partie remise) entre l'exercice clinique à plein temps et la route vers la recherche, alors je  souhaite créer des ponts entre nous, et aider à développer, porter et étayer des idées à plusieurs pour exercer bien et mieux, pour que le cadre de nos évaluations et thérapies soit défini parce que nous en aurons choisi les principes et modalités et non d'après une logique purement économique ou politique.